Une femme en jeu.

Réalisation : Anna Kendrick.
Scénario : Ian McDonald.
Production : Roy Lee, Miri Yoon, Anna Kendrick, J. D. Lifshitz, Raphael Margules, Sean Patrick O’Reilly et Paul Barbeau.
Musique : Dan Romer et Mike Tuccillo.
Société de production : AGC Studios, BondIt Media Capital, Vertigo Entertainment et BoulderLight Pictures.
Distributeur : Netflix.
Première mondiale : 8 septembre 2024 (Toronto).
Date de sortie USA : 18 octobre 2024.
Date de sortie française : 18 octobre 2024.
Titre original : Woman of the hour.
Durée : 1h36.
Budget : Inconnu.
Résumé.
En 1978, Cheryl participe à l’émission The dating game pour former des couples. L’un des prétendants est Rodney Alcala, un tueur en série.
Casting.
Cheryl Bradshaw : Anna Kendrick (VF : Karine Foviau).
Rodney Alcala : Daniel Zovatto (VF : Jim Redler).
Laura : Nicolette Robinson (VF : Déborah Claude).
Ed Burke : Tony Hale (VF : Anatole de Bodinat).
Charlie : Kathryn Gallagher (VF : Kahina Tagherset).
Terry : Pete Holmes (VF : Jérémy Prévost).
Amy : Autumn Best (VF : Inconnue).
Lisa : Jessie Fraser (VF : Inconnue).
Sarah : Kelley Jakle (VF : Inconnue).
Melanie : Taylor Hastings (VF : Inconnue).
Arnie : Jedidiah Goodacre (VF : Clément Moreau).
Marty : Darcy Laurie (VF : Inconnue).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Une femme en jeu est tiré d’une histoire vraie. Rodney James Alcala (1943 – 2021) est un agresseur sexuel et un tueur, ayant commis huit meurtres reconnus, probablement plus de 130 supposés.
Le projet débute en 2021 sous le titre The Dating Game.

Anna Kendrick signe ici sa première réalisation.
Le tournage s’est déroulé au Canada.
Notre critique de Une femme en jeu.
Tueur en série dans un jeu télévisé, en plus venant d’un fait réel, de très bons ingrédients en perspective.


C’est le genre de scénario qui ne laisse pas indifférents par plusieurs aspects. Tout d’abord sur le concept initial du jeu de rencontre devant les caméras, créant une sorte de shopping rapide plus que de la séduction véritable. Surtout que même si l’époque n’est pas la même, le sujet est toujours d’actualité sur la place de la femme dans la société, ce qu’on voit à travers les trois prétendants qui ont une approche très différente. Cela donne même une émission très amusante quand Cheryl improvise les questions en ce sens. Mais derrière ce sourire, on y voit aussi tout le côté tragique car nous on sait qu’il est un tueur en série. Cette fois-ci, toujours en thématique malheureusement intemporel, l’insécurité des femmes et les prédateurs sexuels. On change d’ambiance avec quelque chose de bien plus lourd et malaisant sans jamais verser dans la glauque. On ne sort pas du film indemne.
Deux protagonistes pour un film fort servi par un très bon casting. Cheryl est célibataire, rate ses auditions de comédienne et se lance dans ce jeu télévisé pour rencontre le prince charmant. D’abord jouant le rôle de potiche qu’on lui demande de faire, elle décide d’être elle-même en cassant les codes, improvisant avec talent et donnant un personnage très attachant. Une fois le prétendant choisi, elle comprend vite dans quoi elle s’est embarquée et qu’elle va devoir ruser pour sortir de ce guêpier d’un rendez-vous malaisant. Rodney est un prétendant beau parleur, séducteur qui use de son appareil photo pour attirer des jeunes femmes dans des séances avant de passer à l’acte de l’agression et du meurtre. Cheryl est sa nouvelle cible qui n’agit pas comme les autres.


Pour sa première réalisation, Anna Kendrick maîtrise son sujet en ne proposant pas un récit linéaire. On aura tout d’abord le fil conducteur avec le jeu télévisé très coloré et chaleureux, alternant avec la vue du plateau mais aussi ce qu’on voit sur le petit écran (une mise en abîme réussie) qui va par la suite offrir une mise en scène plus oppressante avec le rendez-vous et ses conséquences, obscurcissant l’image progressivement comme un étau qui se referme. Puis dans l’autre fil conducteur, nous assisterons aux différentes approches de Rodney et les meurtres qu’il donne. Rien de choquant dans l’image mais souvent dans la subjectivité, laissant faire jouer l’imagination. La bande originale donne cette même sensation passant de joyeuse à dramatique. On apprécie aussi particulièrement la réalisation de la scène conclusive qui est un miroir de ce qu’on avait vu plus en amont, bouclant ainsi la boucle.
Une femme en jeu offre une partie prenante avec un sujet très lourd sur les agresseurs sexuels. Un film glaçant et puissant qui marque les esprits.

