Une zone à défendre.

Réalisation : Romain Cogitore.
Scénario : Romain Cogitore.
Production : Nicolas Dumont et Hugo Selignac.
Musique : Mathieu Lamboley.
Société de production : Chi-Fou-Mi Productions.
Distributeur : Disney+.
Date de sortie USA : Inconnue.
Date de sortie française : 7 juillet 2023.
Titre original : Une zone à défendre.
Durée : 1h43.
Budget : Inconnu.
Résumé.
Myriam se bat contre la construction d’un barrage dans une ZAD. L’officier de police Greg s’infiltre dans le groupe et tombe amoureux d’elle. Des mois plus tard, il retourne s’infiltrer et découvre que Myriam a un enfant. Il se retrouve coincé entre son devoir de policier et celui de père.
Casting.
Greg : François Civil.
Myriam : Lyna Khoudri.
Séverine : Nathalie Richard.
Naël : Bellamine Abdelmalek.
Théo : Arthur Rossano Parvez.
Théo : Hugo Rossano Parvez.
Chantal : Anne Alvaro.
Suzanne : Chantal Trichet.
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Une zone à défendre est le premier long-métrage français à destination de Disney+.

Le projet est annoncé en juillet 2022.
Notre critique de Une zone à défendre.
Disney+ avec un nouveau film français qui s’oriente sur le drame romantique, voilà qui est intéressant.


Saluons le principal point qui nous a surpris de la bonne façon : l’histoire n’a pas de parti pris. Il n’y a donc pas les clichés des deux camps, que ce soit celui des policiers violents ou des zadistes violents. On est donc dans une forme de neutralité et ça permet de mieux apprécier le fond de l’histoire. En effet, on n’est pas là pour voir réellement le combat de gens pour la protection environnementale d’une zone. Certes, c’est présent mais ce n’est pas mis particulièrement en avant pour prendre fait et cause pour eux. Nous ne sommes pas non plus du point de vue politique et policier pour les déloger, afin de les soutenir contre les occupants. On est dans une histoire d’amour mais pas que.
C’est là la force du film qui, bien que prenant un postulat déjà-vu, va le placer dans un autre contexte et qui donne alors une nouvelle approche. On a ainsi un agent infiltré qui tombe amoureux et qui va devenir père malgré lui et qui se retrouve donc coincé entre son devoir pour la loi et son devoir parental. Sauf que ce sont deux mondes qui ne peuvent s’unir sans faire des sacrifices de part et d’autres. On est vraiment face à un scénario prenant et qui torture car on peut s’identifier dans cette situation de choix difficiles aux conséquences importantes. Mais il y a aussi la zadiste militante qui va se rendre compte qu’au-delà de la cause, le devoir de mère a plus d’importance. Chacun va donc se retrouver à devoir avancer en faisant des choix dans un jeu en plus de « suis-moi je te fuis » avec une romance interdite. On est vraiment pris par l’intrigue du début à la fin avec ses moments dramatiques mais aussi de joie. L’ambiance n’est donc pas heureuse tout du long ni tragique, c’est un subtil équilibre qui fait du scénario une réussite d’écriture.


Autre grand atout du film : son casting. François Civil comme Lyna Khoudri livrent de très belles prestations. Les personnages sont tout aussi bien construits sans tomber dans la caricature du policier respectueux de la loi et de la zadiste destructrice. On est plus dans quelque chose de mesuré, de plus simple et de plus identifiable à chacun. Greg veut bien faire son travail et y voit aussi une façon d’être muté dans le service qu’il souhaite mais d’apprendre qu’il est père va bouleverser son monde. Il doute et ça va influer sur son travail, surtout que sa hiérarchie commence à se poser des questions sur sa loyauté. Quant à Myriam, alors qu’on la voit d’abord comme une mère irresponsable, on va vite s’attacher à elle car Greg était un de ses repères qui lui donnait une autre vision sur le monde. Elle doute aussi du bien fondé de son action et sur le futur qu’elle veut offrir à son fils car elle se battait aussi pour son avenir. Leur idylle est convaincante car évolutive, bien gérée et on y croit. Les rôles secondaires sont aussi intéressants et participent clairement à la personnalité des deux protagonistes principaux.
Pour continuer dans la qualité, la réalisation est idéale. On n’est pas dans une surenchère de quoi que ce soit, il y a une sobriété qui participe à l’ambiance pesante sans tomber dans le mélo. Même les séquences conflictuelles avec les forces de l’ordre ne tombent pas dans un déchaînement d’action. Pour les amoureux de la technique, on a été emballé par l’utilisation de plans séquences à de très nombreuses reprises, que ce soit pour nous faire visiter le camp ou pour juste une séquence de dialogues lourdes de sens et qui permet d’être vraiment pris par l’image. Il y a aussi plusieurs plans qui sont clairement réfléchis pour donner une certaine esthétique. Enfin, les musiques font part intégrantes de la technique avec des airs respirant autant la joie que la crainte.


Une zone à défendre est un petit bijou au scénario fort et beau.

