The Substance.

Réalisation : Coralie Fargeat.
Scénario : Coralie Fargeat.
Production : Tim Bevan, Eric Fellner et Coralie Fargeat.
Musique : Raffertie.
Société de production : Working Title Films, A Good Story et Blacksmith.
Distributeur : MUBI / Metropolitan Films.
Première mondiale : 19 mai 2024 (Cannes).
Date de sortie USA : 20 septembre 2024.
Date de sortie française : 6 novembre 2024.
Titre original : The Substance.
Durée : 2h21.
Budget : 17,5 millions de dollars.
Box-office mondial : 77 millions de dollars.
Box-office USA : 17,3 millions de dollars.
Entrées françaises : 581 292 entrées.
Résumé.
Elisabeth Sparkle est une star de la télévision qui est rejetée à cause de son âge. Elle entend parler d’une substance qui pourrait lui donner une meilleure version d’elle-même grâce à une modification cellulaire. Il y a cependant des règles à respecter pour que tout fonctionne.
Casting.
Elisabeth Sparkle : Demi Moore (VQ : Élise Bertrand).
Sue : Margaret Qualley (VQ : Célia Gouin-Arsenault).
Harvey : Dennis Quaid (VQ : Louis-Philippe Dandenault).
Fred : Edward Hamilton Clark (VQ : Inconnue).
Oliver : Gore Abrams (VQ : Inconnue).
Troy : Oscar Lesage (VQ : Inconnue).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Le projet débute en 2022.

Le tournage s’est déroulé d’août à octobre 2022 en France.
Notre critique de The Substance.
La quête de la jeunesse et de l’image, un concept abordé à plusieurs reprises au cinéma.


Il y a des films parfois où on en ressort groggy à force d’avoir eu droit à un scénario qui bouleverse pas mal. On est en efface face à une intrigue dénonciatrice. Tout d’abord avec cette envie de jeunesse, de ne pas vieillir, de profiter des plus belles années de sa vie. De ce fait, cela va entraîner aussi cette nécessité de l’apparence, de l’image. La sexualisation du corps de la femme, la popularité, le feu des projecteurs qui monte à la tête… C’est parfaitement retranscrit grâce à une dualité de la protagoniste principale qui semble avoir deux personnalités qui se combattent, comme un désir profond de changement et un autre désir de ne pas sombrer. Plus le film avance et plus l’ambiance devient plus malsaine, limite glauque, avec une forme de maltraitance corporelle. On apprécie également cette aura de mystère autour de cette substance, de son origine, de ses commanditaires, afin de mieux se focaliser sur son propos initial. Il y a aussi ce non respect des règles qui sont brisées par égoïsme. En revanche, le dernier acte du film part vraiment trop loin et flirte avec la surenchère alors que c’était quasi parfait jusque là. Trop dans le provoquant choquant, dénaturant les thématiques porteuses.
C’est justement cet égoïsme qui va aussi se retrouver dans les deux protagonistes. Elisabeth est une star en désuétude, rejetée car vieille et qui ne correspond plus aux nouveaux standards de beauté. Elle veut retrouver sa gloire mais aussi une nouvelle version d’elle-même mais cette obsession va entraîner sa perte et son trouble psychologique. Elle lutte au final contre elle-même. Son alter-ego est Sue. Cette jeune femme au physique idéal pour les caméras et l’audience va prendre goût à cette déferlante médiatique qui l’entoure. Elle veut profiter de sa jeunesse et avoir les yeux braqués sur elle. Mais elle aussi, cette obsession a rester dans ce corps va la pousser à aller de plus en plus loin en ne respectant plus rien. Elle s’oublie au passage en supprimant toute sa morale et l’éthique à être trop gourmande sans penser aux conséquences. Si l’une avait une carrière au long terme, l’autre profite intensément sur le court terme.


Mais un fond est toujours plus prononcé si la forme est présente. Là encore, c’est parfaitement réussi. Il y a une approche artistique indéniable jouant sur les symboles, le cadrage, les couleurs… Tout est là pour appuyé le scénario et dérangé. Car oui, la réalisation est là pour réussir le tour de force de révulser tout en étant captivé. Plus on avance et plus l’image s’assombrit, le rythme s’accélère, une sorte d’enfermement psychique. Mention spéciale également à l’équipe de maquillage qui va prendre son envol au fur et à mesure de l’intrigue. La mise en scène insiste derrière bien dessus avec des images choquantes en gros plan mais qui ne sont pas gratuites. Il y a cet effet voyeuriste très bien géré. Constat partagé avec la bande originale angoissante.
The Substance offre quelque chose de malsain mais tellement prenant à travers une obsession dévorante et une mise en scène marquante. Dommage que le dernier acte gâche tout.

