Réalisation : Guillermo del Toro.
Scénario : Guillermo del Toro.
Production : J. Miles Dale et Guillermo del Toro.
Musique : Alexandre Desplat.
Société de production : Bluegrass Films, Demilo Films et Double Dare You.
Distributeur : Netflix.
Première mondiale : 30 août 2025 (Venise).
Date de sortie USA : 17 octobre 2025 (sortie limitée en salles).
Date de sortie française : 7 novembre 2025.
Titre original : Frankenstein (2025).
Durée : 2h29.
Budget : 120 millions de dollars.
Résumé.
Victor Frankenstein est un scientifique qui ne s’est jamais remis du décès de sa mère. Il est persuadé de pouvoir recréer la vie à partir de cadavres. Il va alors faire une expérience qui va donner naissance à une Créature invincible et d’une grande force.
Casting.
Victor Frankenstein : Oscar Isaac (VF : Benjamin Penamaria).
La Créature : Jacob Elordi (VF : Jim Redler).
Elizabeth Lavenza : Mia Goth (VF : Rebecca Benhamour).
Henrich Harlander : Christoph Waltz (VF : Christian Gonon).
William Frankenstein : Felix Kammerer (VF : Cyril Descours).
L’homme aveugle : David Bradley (VF : Inconnue).
Alma : Lauren Collins (VF : Inconnue).
Anderson : Lars Mikkelsen (VF : Michel Dodane).
Krempe : Ralph Ineson (VF : Augustin Jacob).
Leopold Frankenstein : Charles Dance (VF : Philippe Catoire).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Frankenstein (2025) est inspiré du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley publié en 1818.
Le projet débute en 2008 avec Universal mais l’idée est finalement abandonnée. Il faudra attendre 2023 pour que Netflix relance le réalisateur.
Andrew Garfield a été envisagé pour incarner la Créature.
Jacob Elordi avait besoin de dix heures de maquillage pour devenir la Créature.
Le tournage s’est déroulé du 4 mars au 5 juillet 2024 au Canada et Royaume-Uni.
Notre critique de Frankenstein (2025).
Encore une adaptation du célèbre roman, ça commence à faire beaucoup alors on espère un renouveau.
Le scénario est clairement en deux parties au point d’en être chapitré. La première se consacre à Victor Frankenstein, ses ambitions, ses douleurs et la conception de la Créature. C’est assez prenant car on voit comment un décès l’a poussé à aller de plus en plus loin et à jouer en quelque sorte à Dieu si on peut dire, en ayant le droit de vie et de mort allant jusqu’à la résurrection.
Le sujet est bon mais pas assez approfondi à notre goût. Ça partait plutôt bien avant de s’enliser dans la même rengaine sans proposer une réflexion plus poussée sur ses agissements et sur ce qu’est la Vie, l’Amour, l’Âme et la Conscience. Pourtant c’est un sujet central de l’œuvre.
Puis vient la seconde histoire, focalisée sur la Créature. Forcément, cela va donner un autre point de vue. On s’oriente donc vers quelqu’un va qui devoir apprendre à grandir par lui-même, à se forger son propre caractère et sa mentalité. On est ainsi plus dans la subtilité et l’émotion. On apprécie que ce soit vraiment une autre intrigue qui s’oppose au premier acte. On passe ainsi d’une forme de cruauté à une forme de bonté. Comme si le film nous proposait les deux facettes de l’âme humaine.
Casting épatant et c’est une bonne qualité du film. Victor est un scientifique devenue obsessionnel dans son projet de donner la vie. Cela vire à la folie plus il approche du but et c’est encore pire quand il y parvient. On sent l’homme tourmenté qui a visé très grand et qui se fait dépasser par sa propre création. D’homme meurtri on bascule sur l’homme destructeur qui n’a plus de compassion et c’est regrettable que ça soit si manichéen et brutal dans son évolution.
La Créature est sans doute le personnage le plus intéressant. Là aussi il évolue mais son cheminement est bien plus convaincant. Il est quelqu’un de renfermé, d’apeuré, qui ne connait rien et qui va être comme un petit enfant qui découvre le monde.
Mais c’est bien un adulte mais avec une mentalité qui aura été conçu dans l’enfermement, la violence, le rejet et vu juste comme une expérience et non un être pensant. Il va ainsi gagner en intelligence mais avec une certaine haine envers l’humanité qui le voit comme un monstre. On sent sa souffrance et l’acteur l’incarne impeccablement. De plus, sa grande stature, sa force exceptionnel et son pouvoir de régénération l’emprisonne davantage et joue sur son moral.
Elizabeth, la belle-sœur de Victor, incarne une passerelle. Elle voit en la Créature quelqu’un qui mérite de vivre, qu’il faut élever et éduquer. C’est plus la douceur du film. L’homme aveugle est l’autre protagoniste intéressant car il ne va pas se fier aux apparences mais bien à ce qu’il ressent. C’est presque une autre vision de la Créature qu’il a et ça apporte une touche d’humanité supplémentaire.
Guillermo del Toro, on l’avoue, a son style et ça se voit à l’écran. L’esthétique est très belle, certains plans sont magnifiques et il y a un gros travail sur l’éclairage (comme pour jouer sur le côté « divin »). Le style gothique colle bien et il y a à plusieurs reprises un contraste entre la part d’ombre et de lumière. C’est une dualité qui reflète bien l’esprit de la Créature. Le fait d’opter pour deux chapitres permet de donner deux histoires tout en assurant une linéarité chronologique. On a envie de connaitre la temporalité du « présent » car chacun des chapitres est raconté par son protagoniste attitré.
Néanmoins, de parfois trop en faire dans le visuel s’en ressent avec les effets numériques qui vont du « beau » au « laid ». On regrette aussi que le maquillage de la Créature manque vraiment de crédibilité tant ça fait combinaison en plastique et non corps reconstruit avec des morceaux. On termine avec la bonne note attribuée à la bande originale mélodieuse d’Alexandre Desplat.
Frankenstein (2025) dispose d’un bel écrin et d’un contenu plutôt bon mais qui pouvait aller davantage plus loin sur les problématiques soulevées et sur ce qui fait l’humanité.







