Fresh.

Réalisation : Mimi Cave.
Scénario : Lauryn Kahn.
Production : Maeve Cullinane, Adam McKay et Kevin J. Messick.
Musique : Alex Somers.
Société de production : Searchlight Pictures, Hyperobject Industries et Legendary Entertainment.
Distributeur : Hulu / Disney+.
Première mondiale : 20 janvier 2022 (Sundance).
Date de sortie USA : 4 mars 2022.
Date de sortie française : 4 mars 2022.
Titre original : Fresh.
Durée : 1h57.
Budget : Inconnu.
Résumé.
Dans une épicerie, Noa rencontre Steve. Elle lui donne son numéro et elle est conquise au premier rendez-vous. Partant avec lui un week-end, elle va découvre qu’il a un appétit très particulier.
Casting.
Steve : Sebastian Stan (VF : Axel Kiener).
Noa : Daisy Edgar-Jones (VF : Kelly Marot).
Mollie : Jonica T. Gibbs (VF : Aurélie Konaté).
Penny : Andrea Bang (VF : Nastassja Girard).
Ann : Charlotte Le Bon (VF : Victoria Grosbois).
Chad : Brett Dier (VF : Aurélien Raynal).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Mimi Cave signe ici sa première réalisation.

Notre critique de Fresh.
Film d’horreur pour public averti, du bien classique en apparence.


Alors oui, le thème de ce film repose sur le cannibalisme. Un sujet grave et très souvent sanguinolent proche du gore. Pourtant, le scénario échappe complètement aux clichés du genre et nous livre au contraire quelque chose de plus pesant et oppressant sans aller dans l’excès. Vous ne verrez donc pas des scènes atroces à vous retourner l’estomac. On salue l’écriture de l’histoire justement. On commence par un jeu de séduction avec une dénonciation des dérives des applications de rencontre avant de basculer dans une romance réussie avant de basculer dans l’épouvante. Le huis clos s’installe et devient bien malaisant (surtout quand on se dit que ce genre de situations peut exister). L’héroïne doit alors trouver un moyen de survivre jusqu’à un dénouement qui mise plus dans l’action mais tout en restant crédible. C’est plutôt ce dernier acte qui déçoit un peu car on aurait aimé plus d’originalité. Néanmoins, l’ambiance est là et c’est ce qu’on attendait. Il manque aussi une vraie conclusion pour finir sur une bonne note.
Pour un film de ce genre, il faut de bonnes interprétations et le duo principal est idéal. Sebastian Stan a l’image du séducteur et ça lui réussit avant de nous montrer une autre facette bien plus horrible. Cependant, il n’est pas une caricature de psychopathe. C’est un homme raisonné et méticuleux qui répond à ses codes. Nous ne sommes pour autant pas dans l’esprit d’Hannibal Lecter qui se voulait raffiné. Il a beaucoup de charisme et c’est ça qui le rend vraiment inquiétant. Face à lui, Daisy Edgar-Jones est impressionnante et passe par toutes les émotions. On s’identifie facilement à son personnage de Noa. Elle ne se résigne pas trop longtemps et trouve un moyen de tenir moralement afin de se trouver une échappatoire. Ce n’est pas non plus une grande guerrière qui va se révéler du jour au lendemain. Son évolution est bien faite et reste convaincante. Les rôles secondaires donnent aussi une bonne consistante à l’intrigue et donne un peu plus de tension.


Qui dit horreur dit mise en scène adéquate. La réalisation fait parfaitement le job. Le début fait très comédie romantique et une scène d’un repas avec des gros plans sur le visage montre un peu ce qui nous attend entre désir charnel et amoureux de l’une et désir gustatif de l’autre. C’est bien trouvé. Quant à la suite, le rythme est bon et on se demande vraiment comment tout va se finir. Le fait d’être dans une maison assez luxueuse et lumineuse avec de beaux décors nous évitent le cliché de la maison sordide et glauque. Un bon contraste qui s’éloigne encore des clichés. Juste dommage que la bande originale ne donnent pas une tension supplémentaire en se voulant bien trop discrète et ne procurant aucune émotion.
Fresh n’est pas de première fraîcheur mais n’est pas du réchauffé pour autant.

