La plus précieuse des marchandises.

Réalisation : Michel Hazanavicius.
Scénario : Michel Hazanavicius et Jean-Claude Grumberg.
Production : Patrick Sobelman, Florence Gastaud, les frères Dardenne, Robert Guédiguian, Riad Sattouf.
Musique : Alexandre Desplat.
Société de production : Ex Nihilo, Les Compagnons du Cinema, StudioCanal, France 3 Cinéma, Les Films du Fleuve, Radio Télévision Belge Francophone, VOO et BE TV.
Distributeur : StudioCanal.
Première mondiale : 24 mai 2024 (Cannes).
Date de sortie USA : Inconnue.
Date de sortie française : 20 novembre 2024.
Titre original : La plus précieuse des marchandises.
Durée : 1h21.
Budget : 15 millions d’euros.
Box-office mondial : Inconnu.
Box-office USA : Inconnu.
Entrées françaises : Inconnue.
Résumé.
En Pologne durant la Seconde Guerre Mondiale, un couple de bûcherons va trouver un paquet jeté d’un train. Ils se rendent compte que la marchandise est un bébé qu’ils vont élever comme si c’était leur fille.
Casting.
Le narrateur : Jean-Louis Trintignant.
Pauvre bûcheronne : Dominique Blanc.
Pauvre bûcheron : Grégory Gadebois.
L’homme à la tête cassée : Denis Podalydès.
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
La plus précieuse des marchandises est l’adaptation du roman du même nom de Jean-Claude Grumberg publié en 2019.

Le projet débute en 2019.
Notre critique de La plus précieuse des marchandises.
Encore un film traitant de la Shoah mais cette fois-ci, on va voir cette histoire d’une autre façon.


En effet, ce n’est clairement pas le sujet principal du film et même si on en verra un aperçu à travers quelques scènes dures (qui permettent un parallèle avec les parents biologiques), on va plus se focaliser sur un couple au cœur de la forêt. Peiné de la perte d’un enfant, l’arrivée de la « marchandise » va faire réveiller les douleurs mais le tout partagé en deux visions : la pessimiste et l’optimiste. La première montre bien la mentalité de l’époque, basé sur les « on dit » et autres clichés désastreux. Un endoctrinement qui fait des ravages. La seconde qui cherche un renouveau, une lueur d’espoir dans un monde en guerre. Le tout est assez poignant et il faut attendre la deuxième moitié du film pour rentrer davantage dans la gravité et le dramatique plus prononcé. Ce n’est pas un film destiné à un trop jeune public tant les sujets sont durs et que ça parlera davantage à un public avec les bases de cette sombre période. On apprécie que le scénario ne cherche pas à verser trop fortement dans la surenchère émotionnelle. C’est sobre et efficace. En revanche, le final a tendance à trop s’étirer et gâche un petit peu tout ce qu’on a vu jusque là.
Quatre personnages pour un tel film, l’occasion d’avoir de réel développement et c’est bien le cas. Pauvre bûcheron est marqué la perte de son enfant, il est grognon, renfermé et surtout divise le monde entre les cœurs et les sans cœurs. Il est têtu, presque méchant dans sa façon d’être avant d’avoir enfin le déclic qui va l’adoucir. Pauvre bûcheronne est aimante, voyant en cette « marchandise » de quoi se reconstruire, garder espoir et donner une chance à une enfant. Elle fait beaucoup pour l’aider et lui offrir une figure maternelle. Le soldat dans la forêt est déjà marqué par une précédente guerre et il connait la noirceur des Hommes, aidant les bûcherons à sa façon. Quant à la « marchandise », elle n’aura jamais de nom et ça permet de donner un symbole universel. Au final, elle n’aura pas une personnalité propre mais elle sert efficacement à bouleverser des vies.


Graphiquement, c’est prenant. Nous ne sommes ni dans le cartoon (ça n’aurait pas été adéquat) ni dans le trop sophistiqué. En effet, on a droit à des traits grossiers et épais mais qui contribuent à donner une noirceur à l’image. C’est visuellement fort et immersif malgré des décors minimalistes. On est assez souvent dans quelque chose propre d’une peinture ou de photographie marquante, témoignant d’un temps horrible. L’animation est toute aussi parfaite et servie par une réalisation bien maîtrisée car le format du film est court mais on a l’impression qu’il dure des heures tant il se passe beaucoup de choses. On regrettera seulement une bande originale qui manque d’envoûtement ou de dramaturgie, à l’exception de la chanson du train.
La plus précieuse des marchandises est marquant, aussi bien graphiquement que par la façon dont l’histoire est abordée.

