Mort sur le Nil.

Réalisation : Kenneth Branagh.
Scénario : Michael Green et Michael Walsh.
Production : Kenneth Branagh, Mark Gordon, Judy Hofflund, Simon Kinberg, Ridley Scott et Kevin J. Walsh.
Musique : Patrick Doyle.
Société de production : 20th Century Studios, Scott Free Productions et The Estate of Agatha Christie.
Distributeur : 20th Century Studios.
Date de sortie USA : 11 février 2022.
Date de sortie française : 9 février 2022.
Titre original : Death on the Nile.
Durée : 2h07.
Budget : 90 millions de dollars.
Box-office mondial : 137,3 millions de dollars.
Box-office USA : 45,6 millions de dollars.
Entrées françaises : 842 303 entrées.
Résumé.
À bord d’un paquebot de croisière sur le Nil, Hercule Poirot doit élucider un meurtre dont l’assassin se trouve parmi les passagers.
Casting.
Hercule Poirot : Kenneth Branagh (VF : Renaud Marx).
Linnet Ridgeway : Gal Gadot (VF : Ingrid Donnadieu).
M. Bouc : Tom Bateman (VF : Damien Ferrette).
Simon Doyle : Armie Hammer (VF : Valentin Merlet).
Euphemia : Annette Bening (VF : Pauline Larrieu).
Andrew Katchadouriaan : Ali Fazal (VF : Marc Maurille).
Louise Bourget : Rose Leslie (VF : Karine Foviau).
Jacqueline de Bellefort : Emma Mackey (VF : Zina Khakhoulia).
Salome Otterbourne : Sophie Okonedo (VF : Virginie Emane).
Rosalie Otterbourne : Letitia Wright (VF : Aurélie Konaté).
Dr Windlesham : Russell Brand (VF : Anatole de Bodinat) :
Mme Bowers : Dawn French (VF : Brigitte Virtudes).
Marie Van Schuyler : Jennifer Saunders (VF : Véronique Augereau).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Mort sur le Nil est l’adaptation du roman éponyme d’Agatha Christie publié en 1937.
C’est la suite de Le crime de l’Orient-Express. Le projet est annoncé dès 2017.

Le film devait initialement sortir le 20 décembre 2019 avant d’être décalé au 9 octobre 2020 puis au 23 octobre 2020. Suite à la pandémie mondiale, il bascule au 18 décembre 2020 avant d’être déprogrammé puis replacé en 2022.
Le tournage s’est déroulé en Angleterre et en Égypte.
Notre critique de Mort sur le Nil.
Les adaptations des romans d’Agatha Christie sont monnaie courante mais il est toujours agréable de voir ce que cela peut donner.


Si vous connaissez la recette des livres, vous ne serez pas déçus et pour les autres, cela fonctionnera bien. Durant la moitié du film, nous découvrons tous les personnages, les lieux, les enjeux, les mentalités de chacun et déjà on peut jouer aux enquêteurs pour trouver d’éventuels suspects. Malgré sa durée, ce n’est pas quelque chose qui est trop long à supporter car le puzzle se met en place et on a chaque pièce en notre possession pour la suite. Puis vient le meurtre et le film bascule enfin dans ce qu’on attendait : l’enquête à proprement parlé. Interrogatoires, suspicions, tension… les ingrédients nécessaires à tout bon polar. C’est plus intense et on commence à mieux flairer qui est à l’origine de tout ça jusqu’à son éternel dénouement de Poirot devant tous les suspects, déroulant son exposé jusqu’à démasquer le coupable. Si tout passe plutôt bien, on avait sûrement l’oeil avisé car on a trouvé au premier tiers du film qui est coupable et quelles sont les motivations. Un effet de surprise qui tombe à plat mais qui ne démérite pas. En effet, l’écriture du scénario est bien faite et, bien que ça fasse trop copier/coller sur Le crime de l’Orient-Express, on est surtout dans le style respecté d’Agatha Christie. On apprécie aussi le fait qu’on est dans une lointaine époque et que seules les observations et les déductions permettent de résoudre un meurtre, sans toute la technologie actuelle.


Hercule Poirot est toujours le fin détective mais contrairement au film précédent, il est déjà un peu plus creusé. On en apprend davantage sur son passé et même si ce n’est clairement pas étoffé, c’est toujours une plus-value sur le personnage qui le rend plus humain et faillible. En effet, il va devoir faire abstraction de ses antécédents sur une enquête qui va le travailler intérieurement alors qu’il doit avoir l’esprit clair. On aurait aimé que ce soit plus approfondi encore mais c’est déjà un début (peut-être pour un troisième film). Kenneth Branagh est très bon dans le rôle. Il trouve à ses côtés Gal Gadot en tant que nouvelle épouse harcelée par l’ex de son mari. Elle offre une bonne prestation mais elle est éclipsée par Emma Mackey, la fameuse ex toujours amoureuse, meurtrie, obsédée et tourmentée, donnant un jeu d’actrice impressionnant. Les autres protagonistes sont correctement développés avec des profils très différents, sans stéréotypes malgré les « nombreux » personnages. Chacun a à la fois un mobile et un alibi, mais aussi des secrets et des mystères qui font qu’aucun n’est vraiment à écarter du lot.
Kenneth Branagh, en plus de camper le héros principal, est aussi derrière la caméra. On salue son style fait de mouvements de caméras lents et posés, nous faisant déambuler allègrement et jouant sur la composition de l’image. Il en est de même pour certains plans très travaillés dignes de cartes postales, mettant bien à l’honneur l’Égypte. Pour autant, le visuel n’est pas exempt de tout reproche. On sent beaucoup l’utilisation d’effets numériques sur les décors, rendant une incrustation hasardeuse sur certains plans, la faute aussi à un éclairage convaincant. Dommage car ça gâche un peu le tout. Du côté des décors, à part le pays des pyramides qui est retranscrit de manière très exotiques et avec beaucoup de charme, on a surtout apprécié un détail architecturale du bateau, à savoir les fenêtres biseautées. Ainsi, quand la caméra filme au travers, cela donne plusieurs reflets magnifiant encore l’image comme si on regardait à travers un diamant. La bande originale parvient à donner une certaine ambiance mais sans pour autant offrir des mélodies percutants pour être mémorables.


Mort sur le Nil est à nos yeux plus réussis que son prédécesseurs et on a hâte de voir un troisième film.

