Le croque-mitaine.
Réalisation : Rob Savage.
Scénario : Scott Beck, Bryan Woods et Mark Heyman.
Production : Shawn Levy, Dan Levine et Dan Cohen.
Musique : Patrick Jonsson.
Société de production : 20th Century Studios, 21 Laps Entertainment et NeoReel.
Distributeur : 20th Century Studios.
Date de sortie USA : 2 juin 2023.
Date de sortie française : 31 mai 2023.
Titre original : The boogeyman.
Durée : 1h36.
Budget : 35 millions de dollars.
Box-office mondial : 67,3 millions de dollars.
Box-office USA : 43,2 millions de dollars.
Entrées françaises : 301 331 entrées.
Résumé.
Après la mort de leur mère, Sadie et sa sœur Sawyer sont encore sous le choc. Elles ne reçoivent pas de soutien de la part de leur père, psychiatre, qui gère mal sa propre douleur. Ce dernier va avoir un patient qui se rend dans leur maison, laissant une entité surnaturelle qui se nourrit de la souffrance de ses victimes.
Casting.
Sadie Harper : Sophie Thatcher (VF : Camille Timmerman).
Sawyer Harper : Vivien Lyra Blair (VF : Lévanah Solomon).
Will Harper : Chris Messina (VF : Bernard Gabay).
Lester Billings : David Dastmalchian (VF : Sébastien Desjours).
Rita Billings : Marin Ireland (VF : Ingrid Donnadieu).
Weller : LisaGay Hamilton (VF : Annie Milon).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Le croque-mitaine est l’adaptation de la nouvelle du même nom de Stephen King publiée en 1973.
Le projet débute en 2018 mais fut annulé durant le rachat de la Fox par Disney. Finalement, le développement a été relancé.
Le film devait initialement sortir sur Hulu avant d’être programmé pour les cinémas suite à de bons retours des projections tests.
Le tournage s’est déroulé en Louisiane.
Notre critique de Le croque-mitaine.
Les adaptations des romans de Stephen King au cinéma nous entraîne plus souvent vers la catastrophe que la réussite.
En effet, rare sont ses histoires à être à la hauteur des livres, on citera notamment La ligne verte en chef d’œuvre absolu. Ici, on repart sur du classique avec le fameux monstre sous le lit, ou dans le placard, au choix. En fait, c’est sur la peur du noir. Bien que le scénario soit en bonne partie prévisible, on n’est pas que le pleinement horrifique. Si on aborde d’abord ce point, la créature se nourrit des souffrances de ses victimes, jouant avec elles pour les terroriser à l’extrême. Les plus sensibles seront sûrement angoissées par cette ambiance car c’est effectivement pesant.
On a droit à quelques sursauts mais sans en jouer complètement. La dernière partie évite de tomber dans la structure classique de la grosse bataille qui part en vrille et qui gâche tout. C’est plus mesuré même si la qualité baisse ici d’un cran. Même si ce n’est pas super original, cela joue bien car on va maintenant aborder le sérieux.
Le deuil est en effet le gros thème central de Le croque-mitaine. La famille n’aborde pas ça de la même manière et ça reflète bien ce qui peut réellement arriver dans la vie. On est presque dans la confusion entre ce que chacun endure et ce qu’ils pensent voir. Même si rapidement on sait bien que nous sommes dans du surnaturel, ce mélange est intéressant car l’un va nourrir l’autre et pour survivre au croque-mitaine, il faut réussir à faire son deuil.
C’est donc un double combat que tout le monde doit entreprendre. Il est juste dommage que les relations familiales ne soient pas davantage exploitées tant il y avait là encore quelque chose à traiter qui aurait pu apporter une dose d’émotions supplémentaires.
Peu de personnages et pour un tel film, ce n’est pas un mal car normalement, ils vont pouvoir se développer. Point fort sur l’excellent casting de Le croque-mitaine au passage. Sadie est la grande sœur qui ne va pas croire à tout ce qui se passe mais va bien devoir affronter la perte de sa mère. Elle protège sa petite sœur mais a besoin aussi de son père. C’est un problème de communication entre les deux. Elle fait tout pour arranger la situation et ce n’est pas l’image de la guerrière. Elle souffre mais cache ça pour ne pas rajouter du traumatisme à sa petite sœur.
Cette dernière, Sawyer, est impressionnante. Elle a une phobie extrême du noir qui la pousse à toujours avoir de la lumière avec elle. Première à voir la créature, elle tente de convaincre Sadie de l’aider. On termine avec le père. Ce dernier avait un énorme potentiel mais il n’est pas pleinement utilisé. Il est psychiatre, devrait aider ses patients mais en oublient que ses filles sont aussi des patientes. Il ne parvient pas à leur parler, s’enfermant derrière son armure, il souffre en silence et n’est pas d’un grand soutien.
Le genre de l’épouvante a du mal à se renouveler dans la mise en scène. Si vous en regardez beaucoup, rien ne vous surprendra ici. Tout est très convenu mais curieusement, on évite les jump scare à répétitions. On est vraiment dans une ambiance qui oppresse fortement sans tomber dans la glauque. Forcément vu que c’est une créature du noir, il y a un énorme effort de donner sur l’éclairage. Que ce soit la boule lumineuse de Sadie, les bougies ou autre flash d’appareil photo, chaque lumière devient un espoir. Cela contribue beaucoup aux dangers. Le rythme est excellent en se voulant lent sans être ennuyeux.
Quant à la bande originale, pièce maitresse pour une immersion sous tension, elle fait le travail correctement et offre même quelques mélodies envoûtantes. Parlons maintenant de la créature et comble de l’ironie, on la voit finalement à peine tant c’est une ombre, un flash, un reflet… C’est d’autant plus intéressant que ça ajoute à la peur.
Le croque-mitaine est donc un film d’horreur qui sort un peu son épingle du jeu même si ça ne sera pas une adaptation mémorable d’un Stephen King.







