Virgin Suicides.

Réalisation : Sofia Coppola.
Scénario : Sofia Coppola.
Production : Francis Ford Coppola, Julie Costanzo, Dan Halsted et Chris Hanley.
Musique : Richard Beggs et Air.
Société de production : American Zoetrope, Eternity Pictures, Muse Productions et Virgin Suicides LLC.
Distributeur : Paramount Classics.
Date de sortie USA : 19 mai 1999.
Date de sortie française : 27 septembre 2000.
Titre original : The Virgin Suicides.
Durée : 1h36.
Budget : 6,1 millions de dollars.
Box-office mondial : 10,4 millions de dollars.
Box-office USA : 4,9 millions de dollars.
Entrées françaises : 480 536 entrées.
Résumé.
Après le suicide de leur cadette, Ronald et Sarah Lisbon doivent continuer à vivre et protéger leurs quatre autres filles.
Casting.
Ronald Lisbon : James Woods (VF : Guy Chapellier).
Sara Lisbon : Kathleen Turner (VF : Anne Jolivet).
Lux Lisbon : Kirsten Dunst (VF : Laura Préjean).
Mary Lisbon : A. J. Cook (VF : Laura Blanc).
Trip Fontaine : Josh Hartnett (VF : Adrien Antoine).
Therese Lisbon : Leslie Hayman (VF : Dorothée Pousséo).
Trip Fontaine (adulte) : Michael Paré (VF : Éric Herson-Macarel).
Père Moody : Scott Glenn (VF : Inconnue).
Docteur Horniker : Danny DeVito (VF : Patrick Raynal).
Cecilia Lisbon : Hanna R. Hall (VF : Inconnue)
Bonnie Lisbon : Chelse Swain (VF : Marie-Eugénie Maréchal).
Tim Weiner : Jonathan Tucker (VF : David Lesser).
Narrateur : Giovanni Ribisi (VF : Inconnue).
Paul Baldino : Robert Schwartzman (VF : Christophe Lemoine).
Jake Hill Conley : Hayden Christensen (VF : Inconnue).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Virgin Suicides est l’adaptation du roman du même nom de Jeffrey Eugenides publié en 1993.
Alicia Silverstone a été envisagée pour le rôle de Mary Lisbon.

Le tournage s’est déroulé de juillet à septembre 1998 au Canada.
Notre critique de Virgin Suicides.
Adolescence, suicide… on se doute qu’on va voir un film loin d’être joyeux.


Certes, ce n’est pas un film à voir si vous êtes dépressifs tant le scénario ne propose pas de grands moments envoûtants. Après un premier acte révélant un suicide qui plonge dans l’ambiance, la suite de l’histoire nous oriente vers la vie adolescente en s’attardant particulièrement sur les relations entre les garçons et les filles. Mais là où on s’attendait à une intrigue qui traite pleinement de cette période, on se trouve à tourner en rond avec pas grand chose qui sera raconté. Premier flirt, première drague, besoin de liberté dans une famille à l’éducation assez stricte… mais pas pour autant de quoi montrer le mal-être de cette période, les raisons du suicide de la cadette dont on ne verra d’ailleurs pas d’impact sur les autres membres de la famille. Sans tomber dans quelque chose d’ennuyeux, il n’y a pas de réelles réflexions. Le dernier acte montre les ravages de l’autorité extrêmement rigide mais cela arrive bien tard dans le film et surtout ça arrive trop brutalement pour que l’impact soit marquant. C’est pourtant l’acte le plus intéressant dans son développement qui aurait mérité d’être le vrai fil rouge du métrage. La surprise finale est également soudaine et choquante mais aurait pu être mieux amenée.
L’autre déception réside dans le traitement des personnages. Une fois le cas de la cadette expédiée alors qu’elle avait du potentiel, on va ignorer trois autres des sœurs qui servent de figurantes pour tout focaliser sur Lux. Pour autant, on a du mal à s’identifier à elle à cause d’une personnalité peu travaillée. Elle semble chercher à briser les interdits sans être dans la rébellion, veut plus d’espace et vivre une expérience sentimentale. Alors dans un sens, on pourrait se dire qu’elle a une souffrance interne qu’elle refuse de voir et donc elle profite de la vie avec amertume avant de « disjoncter » et de faire les mauvais choix. Tout montre qu’un sourire peut être de façade. Sa rencontre avec Trip, qui va incarner le beau gosse séducteur, va la bouleverser. Il est un beau parleur qui n’a probablement qu’un objectif et c’est trop prévisible. Quant aux parents, on a un père un peu aveugle sur la situation et une mère surprotectrice. En revanche, il est amusant de voir la petite bande de garçons qui cherche à aider les filles. Ils se sont attachées à elles et comprennent qu’il va falloir briser leur isolement pour leur redonner le moral.


Pour un premier film, Sofia Coppola livre une réalisation soignée se permettant même quelques fantaisies artistiques avec des plans parfois dignes d’une peinture. Le rythme est d’ailleurs à l’image du ressenti émotionnel de l’héroïne avec une certaine lenteur mélancolique. L’utilisation de beaucoup de plans fixes, reléguant les mouvements de caméra à du minimalisme, reflète bien ce sentiment d’enfermement. Du côté des oreilles, l’utilisation d’un narrateur donne un aspect documentaire de quelque chose d’assez lugubre accompagnée d’une bande originale aux musiques propices à un bar de jazz avec une certaine ambiance intimiste. On apprécie particulièrement la scène de conversation téléphonique à travers des chansons pour faire passer des messages sans avoir besoin de se parler.
Virgin Suicides est un bon film en soi mais avait de quoi être bien plus profond si les émotions avaient été présentes vu le potentiel.

