Elephant Man.

Réalisation : David Lynch.
Scénario : Christopher De Vore, Eric Bergen et David Lynch.
Production : Jonathan Sanger.
Musique : John Morris.
Société de production : Brooksfilms.
Distributeur : Paramount Pictures.
Date de sortie USA : 10 octobre 1980.
Date de sortie française : 8 avril 1981.
Titre original : The Elephant Man.
Durée : 2h04.
Budget : 5 millions de dollars.
Box-office mondial : Inconnu.
Box-office USA : 26 millions de dollars.
Entrées françaises : 2 443 507 entrées.
Résumé.
En 1884, dans une foire aux monstres, le docteur Frederick Treves fait la rencontre de John Merrick, surnommé l’homme-éléphant à cause de ses difformités physiques. Il le sort de sa prison et le prend sous son aile.
Casting.
Frederick Treves : Anthony Hopkins (VF : Dominique Paturel).
John Merrick « l’homme-éléphant » : John Hurt (VF : Dominique Collignon-Maurin).
Madge Kendal : Anne Bancroft (VF : Nadine Alari).
Sir Carr Gomm : John Gielgud (VF : René Bériard).
Madame Mothershed : Wendy Hiller (VF : Marie Francey).
Bytes : Freddie Jones (VF : Jean Topart).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Elephant Man est l’adaptation de la biographique L’Homme Éléphant et autres souvenirs de Frederick Treves publié en 1923, consacré à Joseph Merrick qui avait comme surnom « l’homme éléphant ».
la pose des prothèses sur John Hurt demandait sept heures tandis qu’il en fallait deux pour les retirer. Le maquillage de la tête a été réalisé à partir du moule du véritable crâne de Joseph Merrick.

Le tournage s’est déroulé du 13 octobre 1979 au 1er mai 1980 en Angleterre.
Notre critique de Elephant Man.
Inspiré de fait réel dans une autre époque, un sujet qui a de quoi émouvoir.


C’est bien ce qu’on pourrait reprocher au film, il n’arrive pas à jouer pleinement sur les émotions malgré l’énorme potentiel. On va avoir ainsi deux visions très manichéenne. La première, celle du docteur et de son entourage qui vont voir en John une personne qu’il faut réussir à intégrer dans la société. Cependant, ce n’est pas très approfondi dans le concept. De l’autre, la vision des opposants qui voient en John un monstre à manipuler, torturer, moquer et d’en faire un objet qui rapporte de l’argent. On voit bien là le niveau de certains pour qui la moquerie est à l’image de leur intelligence et il n’y a qu’une scène qui va être horrible à voir à ce sujet. Mais sur le long terme, le scénario n’arrive pas à apporter quelque chose de plus percutant. On ne sort pas du film avec des réflexions à avoir car tout est très binaire qu’au final ça ne va que conforter chaque camp.
Frederick Treves est un médecin qui a un grand cœur, en tout cas c’est ce qu’il pense. Au début, il agit surtout en tant que docteur car il voit en John un patient, un cas d’étude, un patient particulier. Puis finalement, se rendant compte qu’il n’est pas mieux que les « spectateurs », il va devenir plus simple et changer sa façon de faire. Néanmoins, il n’a pas un développement plus poussé que ça. John est déjà plus attachant car on ressent sa solitude, sa souffrance, il a conscience qu’il n’est pas bien vu pour beaucoup. Au contact de Treves et de son entourage, il va montrer qui il est vraiment. Quelqu’un d’intelligent, de curieux, de débrouillard. On s’attache à lui car on compatit facilement à ce que certaines personnes endurent. Chez les opposants, le propriétaire du foire ou un autre gardien sans foi ni loi, sont dépeints, à juste titre, comme des profiteurs qui font de l’argent sur la misère humaine.


D’avoir opté pour un film en noir et blanc est une riche idée car en plus d’ancrer ça dans une époque lointaine, cela renforce la dramaturgie des propos. On est ainsi constamment dans une ambiance lourde où tout espoir semble avoir disparu. L’autre réussite du métrage se trouve dans son maquillage. Le travail est épatant et on ne reconnait absolument pas l’acteur en dessous. C’est plus sur la réalisation qu’on est un peu déçu car à part quelques plans soignés, la mise en scène est très simple alors qu’en général avec les films en noir et blanc, on peut beaucoup jouer sur l’éclairage. La bande originale aussi n’a pas de quoi toucher et se veut même trop discrète.
Elephant Man propose un sujet initial intéressant mais qui manque vraiment d’émotions et c’est notre principal regret.

