Flamin’ hot.

Réalisation : Eva Longoria.
Scénario : Lewis Colick et Linda Yvette Chávez.
Production : DeVon Franklin.
Musique : Marcelo Zarvos.
Société de production : Franklin Entertainment et Searchlight Pictures.
Distributeur : Disney+ / Hulu.
Date de sortie USA : 9 juin 2023.
Date de sortie française : 9 juin 2023.
Titre original : Flamin’ hot.
Durée : 1h39.
Budget : Inconnu.
Résumé.
Richard Montañez, simple employé d’une usine de biscuits apéritifs, va utiliser sa culture hispanique en proposant des biscuits épicés : les Flamin’ Hot Cheetos.
Casting.
Richard Montañez : Jesse Garcia (VF : Inconnue).
Judy Montañez : Annie Gonzalez (VF : Inconnue).
Vacho Montañez : Emilio Rivera (VF : Inconnue).
Clarence : Dennis Haysbert (VF : Inconnue).
Roger Enrico : Tony Shalhoub (VF : Inconnue).
James Finley : Peter Diseth (VF : Inconnue).
Patti : Lora Martinez-Cunningham (VF : Inconnue).
Le saviez-vous ? Anecdotes et coulisses.
Flamin’ hot s’inspire d’une histoire vraie.
Le projet débute en 2019.

Le tournage s’est déroulé au Texas.
Notre critique de Flamin’ hot.
Présenté à Cannes il y a quelques semaines, le premier film d’Eva Longoria, Flamin’ Hot, raconte l’histoire vraie de Richard Montañez. Derrière ce nom se cache un fils d’immigrés mexicains, créateur des Flamin’ Hot Cheetos. Pour les spectateurs européens ce produit épicé ne leur dit sûrement rien, et pourtant il a été un véritable succès commercial aux États-Unis dans les années 80/90.
De prime abord on pourrait penser que c’est un sujet un peu facile, déjà vu moult fois au cinéma comme Le Fondateur (John Lee Hancock, 2016) qui retrace péniblement la création de l’entreprise McDonald. Pourtant, dès les premières secondes la magie opère. Comment ? Laissez-nous vous le raconter…


D’entrée, on s’attache aux personnages et notamment à Richard que l’on voit grandir à l’écran. Il faut dire que l’on raconte son histoire : de son enfance passée dans une famille pauvre, à ses petits délits d’adolescent et jusqu’à son rôle assumé de père de famille. Cette dernière y tient d’ailleurs un rôle majeur, fondement essentiel du scénario. La famille est ce qui nous rassemble, nous comble et nous fait avancer dans les moments difficiles. La relation qu’entretient Richard avec son père en est d’ailleurs un bon exemple. D’abord violente, elle est présente dès le début et s’adoucit finalement vers les dernières minutes du film. Aidée aussi par une mise en avant discrète de la religion que l’on peut retrouver sur l’affiche du film et ses couleurs chaudes. On y voit Richard prendre une pose similaire à celle représentée sur la fresque La Création d’Adam de Michel-Ange.
Malgré des sujets forts comme la violence infantile, la religion ou le communautarisme, Eva Longoria a su ne pas tomber dans le travers de la victimisation permanente et le larmoyant qui fait vendre. Non, la réalisatrice a préféré démontrer que nous sommes les seuls à prendre en main notre vie, se défaire soi-même des préjugés pour gagner la bataille et faire valoir qui nous sommes. Et en cela, le scénario est une pure réussite qui fait la différence. Et si vous y ajoutez un humour qui n’est pas bête mais bien juste et léger, alors le tout fait un cocktail détonant !


Nous l’avons dit, le personnage de Richard est très attachant. En effet, l’acteur Jesse Garcia a su donner une vraie profondeur à l’homme qu’il incarne, à celui qui fait tout pour subvenir aux besoins de sa famille sans retomber dans les travers de la drogue. Et à celui aussi qui, lorsqu’il devient successful sait garder les pieds sur terre et être reconnaissant. Idem pour l’actrice Annie Gonzalez, interprète de Judy, l’épouse de Richard, qui donne un bon coup de dynamisme lorsqu’elle apparaît à l’écran. Et le tout jeune Brice Gonzalez, qui donne ses traits à l’un des deux fils, apporte une dose de bonne humeur à cette jolie famille. On retrouve aussi dans Flamin’ Hot l’acteur Tony Shalhoub, très connu pour son rôle du détective Monk dans la série du même nom. Le voir en patron compréhensif et à l’écoute des ses employés lui va parfaitement bien. Enfin, on ne saurait terminer cette partie sans mentionner Eva Longoria elle-même. Comme d’autres réalisateurs et réalisatrices avant elle, la metteure en scène fait une apparition furtive en tant que secrétaire de direction. Guettez bien le milieu du film !
Passons maintenant à ce qui donne toute sa saveur au long métrage : la réalisation. Du début jusqu’à la dernière seconde, la mise en scène est ultra dynamique, très vivante et portée par de la musique latine entraînante. On ressent la pâte d’Eva Longoria, un peu inspirée de Tarantino dans les transitions ou bien du style très unique des frères Coen, un peu loufoque et comique sur fond de drame. On y voit des années défilées en mode ellipse visuelle, un travelling à 360, des plans plus refermés lorsque Richard est chez lui, plus ouverts lorsqu’on met l’usine au premier plan lui donnant ainsi un petit côté Charlie et la Chocolaterie version Cheetos… Bref, une variété de transitions, de plans et de mouvements qui s’accordent parfaitement entre eux et font du film ce qu’il est : une pépite. On notera également un travail sur la couleur pour coller à l’ambiance des années 70/80.


Vous l’aurez compris, nous sommes conquis par la fraîcheur de ce premier film réalisé par Eva Longoria. La mise en scène et les choix artistiques font de Flamin’ Hot un vrai bijou qui ne ressemble à aucune autre œuvre. De plus, le fait que cette histoire d’hommes soit portée par une femme est un aspect à souligner, notamment par les temps qui courent. Vivement le prochain film de la réalisatrice !

